Types de WC japonais

Bidet ou WC japonais : quelles différences ?

Le bidet et le WC japonais partent de la même idée : se laver à l'eau plutôt qu'avec du papier. Ils n'y répondent pas de la même façon, et la différence se joue moins sur le principe que sur la place occupée, sur les raccordements à prévoir et sur le geste quotidien. Spécialiste du WC japonais depuis 2005, Le Trône expose et fait essayer des washlets dans sa boutique parisienne. Voici ce qui les sépare réellement, et comment trancher selon la pièce dont vous disposez.

Le bidet, un appareil français devenu rare chez lui

Le bidet est un appareil sanitaire bas, généralement alimenté en eau chaude et froide par une robinetterie et raccordé à l'évacuation, que l'on enjambe pour se laver. Il apparaît en France au XVIIIe siècle comme meuble de toilette, puis s'installe durablement dans les salles de bains françaises d'une bonne partie du XXe siècle. Il a ensuite reculé dans les logements neufs, à mesure que la surface des salles de bains se réduisait et que la douche, les rangements et le lave-linge se sont disputé les mêmes mètres carrés. Il reste répandu ailleurs, en Italie notamment, où il compte parmi les équipements sanitaires attendus d'une salle de bains.

Ce recul ne dit rien de son efficacité. Un bidet lave à l'eau, à la température que règle la robinetterie, et il rend d'autres services au passage : rincer les pieds, laver un enfant, un textile délicat. C'est un appareil polyvalent. Sa contrainte est ailleurs : il lui faut une place au sol, et cette place s'ajoute à celle des toilettes.

Le WC japonais déplace la fonction dans la cuvette

Le WC japonais, ou washlet, intègre le lavage aux toilettes elles-mêmes. Une buse rétractable sort sous la cuvette et projette un jet d'eau tempéré, que l'on déclenche assis, sans quitter la cuvette. Deux jets sont couramment proposés, un lavage postérieur et un lavage dame, complétés selon les modèles par un mouvement oscillant qui balaie la zone au lieu de viser un point fixe.

Ces fonctions ne sont pas l'apanage d'un seul modèle. Les cinq appareils ci-dessous, l'abattant Daewon DIB 850R, l'abattant Multiclin M4 Compact de Roca, le WC suspendu AquaClean Tuma de Geberit, le WC posé au sol In-Wash Ona de Roca et le WC posé au sol Maïra Classic de Geberit, annoncent tous les cinq, dans leurs caractéristiques, un lavage postérieur, un lavage dame, un jet oscillant, une température d'eau réglable, un séchage à air chaud, un nettoyage automatique de la douchette, des profils d'utilisateurs programmables et une fermeture ralentie du siège et du couvercle. Le siège chauffant, lui, figure dans les caractéristiques de deux d'entre eux, le Tuma et le DIB 850R.

C'est la vraie rupture avec le bidet : la température de l'eau devient un réglage, et non plus le résultat d'un robinet ouvert à la main, et chacun retrouve ses préférences grâce aux profils programmables que ces cinq fiches annoncent.

Deux gestes, deux moments

Le bidet suppose une séquence en deux temps et deux endroits : on quitte les toilettes, on rejoint le bidet, on se lave, on revient. Le geste n'a rien de compliqué, mais c'est un déplacement, et il demande que les deux appareils soient voisins et accessibles. Dans un WC séparé, l'appareil trouve rarement sa place.

Le washlet supprime le déplacement : tout se passe assis, au même endroit, la commande à portée de main. Sur le Tuma comme sur le DIB 850R, la fiche indique une télécommande murale ; celle du Multiclin M4 Compact décrit un panneau de contrôle latéral fixe rattaché à l'abattant. Ces deux façons de piloter le même geste méritent un regard attentif si la disposition de la pièce impose un côté plutôt que l'autre.

L'encombrement, chiffres à l'appui

C'est le point le plus concret. Un bidet réclame une emprise au sol qui lui est propre, plus le dégagement nécessaire pour l'enjamber et s'y asseoir. Un WC japonais, lui, occupe l'emprise des toilettes qu'il remplace, ou celle de la cuvette existante quand il prend la forme d'un abattant. Le tableau ci-dessous reprend la longueur annoncée par trois fiches du catalogue.

ModèleImplantationLongueur annoncée
AquaClean Tuma, GeberitSuspendu55,3 cm
In-Wash Ona, RocaPosé au sol68 cm
Maïra Classic, GeberitPosé au sol75,5 cm

Ces trois appareils réunissent la cuvette et la fonction lavante dans un seul ensemble, et chacun s'installe à la place d'un WC, sans second appareil sanitaire à côté. Le plus court des trois est le modèle suspendu : son réservoir disparaît derrière le coffrage, quand les deux modèles posés au sol embarquent un réservoir de chasse apparent, que leurs fiches mentionnent l'une et l'autre. Entre ces deux derniers, l'implantation est pourtant identique et 7,5 cm les séparent encore : c'est bien la longueur annoncée, modèle par modèle, qu'il faut confronter à la pièce, et non la seule implantation. La discrétion du suspendu, elle, a une contrepartie à connaître avant de commander : un WC suspendu suppose un bâti-support et sa plaque de déclenchement, vendus à part dans le catalogue, et donc un coffrage à monter. Si cet arbitrage vous occupe, le comparatif WC suspendu ou posé au sol le traite en détail.

Ce que chaque solution demande au bâtiment

Un bidet exige ses propres arrivées d'eau, sa robinetterie et son raccordement à l'évacuation. Sur une salle de bains existante qui n'en a jamais eu, cela signifie ouvrir, tirer des réseaux et refaire un sol ou un mur.

Un WC japonais demande autre chose : une alimentation en eau froide et une alimentation électrique, puisque l'appareil chauffe lui-même l'eau qu'il projette et, selon les modèles, l'air de séchage et l'assise. La discrétion de ces raccordements est un vrai critère de choix, et les fiches en parlent. Celles de l'In-Wash Ona et du Maïra Classic précisent des alimentations en eau froide et en électricité invisibles. L'abattant Washlet RG Lite de TOTO relève de l'autre logique : sa fiche le décrit en version prises apparentes, alimentations eau et électricité à l'arrière gauche de l'abattant. Elle pose aussi une condition qu'il faut lire avant de commander, puisqu'elle le déclare compatible avec une cuvette WC TOTO, posée au sol par exemple, et invite à nous consulter pour la compatibilité. Aucune des deux logiques n'est meilleure dans l'absolu : la première se destine à une installation soignée où l'on souhaite ne rien voir, la seconde s'accommode d'un raccordement existant.

Il faut regarder ce point avant de commander, car il conditionne parfois un accessoire. Le catalogue comporte deux kits de raccordement en eau froide destinés aux packs WC suspendus TOTO en version prises invisibles, l'un pour un bâti Geberit, l'autre pour un bâti TECE. La fiche du kit pour bâti-support Geberit l'annonce pour un bâti-support Geberit équipé en réservoir Sigma 12, ou certains autres bâtis ; le kit se compose d'un té de dérivation à placer au niveau du réservoir de chasse encastré, d'un flexible de raccordement et d'une vanne d'arrêt, et la fiche demande de nous consulter pour un bâti Geberit à réservoir différent ou de hauteur différente, 82 cm, 98 cm ou 114 cm, comme pour d'autres bâtis. La fiche du kit pour bâti-support TECE l'annonce pour un bâti-support TECE équipé en réservoir UNI ; le kit se compose d'un flexible de dérivation à placer au même endroit, d'un flexible de raccordement et d'une vanne d'arrêt, et la fiche demande de nous consulter pour d'autres bâtis. Les deux fiches présentent ce kit comme fortement recommandé pour les WC TOTO en version prises invisibles. Le bâti déjà installé chez vous oriente donc la référence à retenir, et ces deux fiches invitent à nous consulter pour les cas qu'elles ne décrivent pas.

Garder sa cuvette, ou la remplacer

Une fois le principe admis, deux chemins s'ouvrent, et l'ampleur des travaux les sépare plus que le confort obtenu.

Le premier consiste à conserver la cuvette et à remplacer l'abattant. Le DIB 850R existe en trois tailles, rond, profil U et allongé, la forme ronde étant présentée comme la plus petite et donc la plus adaptable. Sa fiche est explicite sur la vérification à mener : elle renvoie au document PDF publié en bas de page pour relever les cotes à prendre, et propose, en cas de doute, de réaliser un gabarit de la surface de la cuvette et de venir en magasin le confronter au modèle visé avant l'achat. Le Multiclin M4 Compact suit la même logique de compatibilité, en deux formes, ronde et carrée : sa fiche présente sa taille compacte comme adaptable sur certaines cuvettes compactes, et demande que la distance entre les points de fixation de l'abattant et le rebord extérieur avant de la céramique soit proche de 40 cm. Dans les deux cas, la mesure précède la commande.

Le second chemin remplace l'ensemble par un WC lavant, cuvette et module de lavage conçus d'un bloc. C'est le parti du Tuma, de l'In-Wash Ona et du Maïra Classic. L'article consacré au WC lavant et à la cuvette lavante détaille cette famille.

L'hygiène au quotidien, et l'entretien

Le lavage à l'eau tempérée est le point commun des deux appareils. La différence se lit dans l'entretien et dans le partage. Un bidet se nettoie comme tout appareil sanitaire, et sa robinetterie se règle à chaque usage.

Côté washlet, les cinq modèles nommés plus haut, le DIB 850R, le Multiclin M4 Compact, le Tuma, l'In-Wash Ona et le Maïra Classic, annoncent un nettoyage automatique de la douchette et des profils d'utilisateurs programmables : chacun retrouve ses réglages sans les refaire. Sur les trois WC lavants du tableau, la fiche mentionne également une cuvette sans bride, qui supprime le repli de céramique où l'eau stagne, et un mode détartrage, utile en eau dure. Si vous en êtes encore à comparer les façons de se laver à l'eau, notre comparatif douchette WC ou WC japonais complète celui-ci.

Faut-il vraiment choisir ?

Poser la question en duel est un peu artificiel. Si votre salle de bains dispose déjà d'un bidet en bon état et que la place ne manque pas, rien n'oblige à le déposer : il continuera de rendre les services annexes qu'un WC ne rend pas. La question se pose autrement quand la surface est comptée, quand les toilettes sont séparées, ou quand on part d'une pièce à créer. Dans ces trois cas, intégrer le lavage à la cuvette évite un second appareil, un second raccordement et un déplacement, tout en apportant des réglages qu'un robinet ne donne pas.

Essayer le jet avant de choisir, à Paris

Un jet réglable se juge à l'essai, pas sur une description. Dans la boutique du Trône, 85 rue d'Assas dans le 6e arrondissement de Paris, des WC japonais sont exposés et testables sur place ; l'accès est libre aux heures d'ouverture, et un rendez-vous conseil de trente minutes peut se réserver pour un projet déjà préparé, plans ou cotes en main. Un expert peut vous aider à mesurer votre cuvette, à repérer vos arrivées d'eau et d'électricité, et à choisir entre un abattant lavant et un WC lavant complet. Pour parcourir la gamme d'ici là, le rayon toilettes japonaises réunit abattants lavants et WC lavants complets. Les appareils sont garantis 2 ans.

Quelle est la différence entre un bidet et un WC japonais ?

Un bidet garde une robinetterie et une évacuation qui lui sont propres, et il faut quitter la cuvette pour s'en servir ; aucune des vingt-deux fiches publiées par Le Trône n'en est un. Le WC japonais supprime ce second appareil : sa buse est logée sous la lunette, le jet se déclenche assis, et l'eau est chauffée par l'appareil, ce qui suppose une arrivée d'eau froide et une prise électrique à proximité.

Peut-on remplacer un bidet par un WC japonais ?

Remplacer un bidet par un WC japonais est possible dès que les toilettes reçoivent une arrivée d'eau froide et une prise électrique. Le bidet déposé laisse pour sa part des arrivées et une évacuation à obturer, plus une surface au sol libérée, les toilettes ne bougeant pas. Ces gestes relèvent du plombier de l'acheteur, Le Trône ne vendant que la fourniture des équipements.

Un WC japonais prend-il moins de place qu'un bidet ?

Un WC japonais n'ajoute aucune emprise au sol : il occupe la place de la cuvette qu'il remplace, quand un bidet réclame sa propre surface et le dégagement pour l'enjamber. Quatre abattants lavants du catalogue du Trône vont plus loin, puisqu'ils se posent sur la céramique en place sans rien changer à l'encombrement. La longueur exacte de chaque modèle se lit sur sa fiche.

Une cuvette suspendue lavante suffit-elle à remplacer un bidet ?

Une cuvette suspendue lavante reprend la fonction du bidet : lavage postérieur et lavage dame figurent aux caractéristiques de tous les modèles suspendus publiés par Le Trône, déclenchés assis plutôt qu'au robinet. L'équivalence s'arrête là, car le bâti-support qui porte la cuvette fait l'objet d'une fiche distincte au catalogue, avec le coffrage qu'il suppose. Ce chantier se chiffre avec l'entreprise qui le réalisera, avant la commande.