La baignoire japonaise part d'un autre geste que la baignoire droite : on s'y assoit au lieu de s'y allonger. La cuve est plus courte et nettement plus profonde. Cet article s'en tient aux cotes de la baignoire distribuée par Le Trône et à ce qu'elles impliquent : encombrement au sol, volume d'eau et eau chaude, poids en charge, accès, installation et entretien.
Ce qu'est un ofuro
Le mot japonais furo, écrit ofuro avec son préfixe de politesse, désigne le bain de détente et non le lavage. Le rituel sépare les deux gestes : on se savonne et on se rince à côté de la cuve, puis on entre dans une eau chaude et propre pour y rester. Toute la forme en découle. Puisque le lavage se fait à côté, la baignoire n'a pas besoin d'être longue ; puisqu'on y reste assis, elle est conçue pour couvrir les épaules.
La cuve traditionnelle est en bois, notamment en hinoki, un cyprès japonais, et se ferme par un couvercle appelé futa. La tradition veut que la même eau serve à plusieurs bains successifs, ce qui explique ce couvercle. En France, le mot désigne aussi la cuve profonde à assise moulée, de la famille des baignoires sabot, qui reprend cette géométrie sans l'entretien du bois. C'est celle que décrit la suite.
La position assise et la hauteur d'eau
La baignoire compacte à la japonaise annonce 725 mm de profondeur intérieure pour une cuve haute de 740 mm. Cette profondeur s'utilise en position assise, et elle se lit avec deux réserves : l'assise moulée en occupe une part, et le remplissage s'arrête au trop-plein.
La fiche chiffre ces deux points pour la seule version 915 mm : hauteur d'assise de 20 cm, hauteur du niveau d'eau de 65 à 72 cm selon le trop-plein. Elle ne publie ni le point depuis lequel se compte ce niveau, ni ces valeurs pour la version 1150 mm. La hauteur d'immersion se joue donc au perçage du trop-plein, et c'est là qu'elle se décide, avec le plombier, plutôt que sur le papier.
L'encombrement au sol
| Cote | Version 915 mm | Version 1150 mm |
|---|---|---|
| Longueur | 915 mm | 1150 mm |
| Largeur | 690 mm | 690 mm |
| Emprise au sol | environ 0,63 m² | environ 0,79 m² |
| Hauteur de cuve | 740 mm | 740 mm |
| Profondeur intérieure | 725 mm | 725 mm |
| Hauteur installée, indicative | 840 mm | 840 mm |
| Contenance | environ 190 L | non précisée |
Ce tableau reprend les cotes de la fiche produit, à deux réserves près. Les emprises au sol sont calculées ici, en multipliant la longueur par la largeur ; la fiche ne les publie pas. Et la hauteur installée est donnée pour indicative par la fiche, qui la rattache à un siphon de vidage de 100 mm ; les pieds du châssis étant réglables, elle se cale au montage.
La mention « non précisée » signale une valeur que la fiche ne donne pas. Cinq informations y sont en effet rattachées à la seule version 915 mm : la contenance approximative de 190 L, la hauteur d'assise de 20 cm, le niveau d'eau de 65 à 72 cm selon trop-plein, le poids à vide de 18 kg et la livraison trop-plein non percé.
Largeur, profondeur intérieure et hauteur de cuve sont communes aux deux versions. La longueur, elle, change : le modèle 1150 mm ajoute 235 mm et environ 0,16 m² d'emprise, pour du jeu supplémentaire devant les jambes. C'est cette arithmétique du centimètre qui décide dans une salle d'eau parisienne, comme elle décide pour le WC japonais dans un petit espace.
Deux points sont à porter au plan avant de conclure au gain de place. D'abord la hauteur du bord : la fiche donne 840 mm à titre indicatif pour la baignoire installée, et recommande de prévoir un marche-pied de 20 à 25 cm, en dur ou amovible, pour l'accès. Cette hauteur pèse dans un projet où la mobilité compte. Ensuite la douche : le rituel veut qu'on se lave hors de la cuve, ce qui suppose de conserver une douche, ou au moins une douchette et un sol qui accepte l'eau. Une part de la place gagnée sur la longueur repart dans cette zone.
Le volume d'eau et l'eau chaude
La fiche annonce une contenance approximative de 190 litres pour la version 915 mm. Une cuve courte ne donne donc pas mécaniquement un bain plus économe : c'est la profondeur qui fait le volume. Le corps immergé fait d'ailleurs monter le niveau et réduit d'autant l'eau à verser, sa masse volumique étant proche de celle de l'eau.
Le point à vérifier en amont est la production d'eau chaude. Le calcul qui suit part volontairement de la contenance pleine, sans retrancher le corps immergé ni la part que le trop-plein laisse hors du remplissage : il majore donc le besoin. Pour porter 190 litres à 40 °C à partir d'un ballon réglé à 60 °C et d'une eau froide à 15 °C, la part venue du ballon vaut 25 divisé par 45, soit un peu plus de la moitié : environ 105 litres d'eau chaude. Le calcul se refait avec ses propres températures. Un ballon plus petit ne condamne pas le projet, il décide de la température finale.
Tenir la température, et ce que « chauffante » recouvre
Une eau chaude à l'air libre perd sa chaleur par sa surface. D'où le futa, et le geste le plus simple : couvrir la cuve entre le remplissage et l'entrée dans le bain, puis pendant le bain d'un membre de la famille à l'autre si l'eau se partage.
Le mot « chauffante » recouvre des dispositifs différents. Le maintien en température par une boucle de réchauffage est une installation de plomberie à part entière. La balnéothérapie relève d'un autre usage : elle met l'eau ou l'air en mouvement, quand l'ofuro vise l'immersion calme. La fiche de la baignoire compacte n'annonce aucun de ces systèmes ; elle décrit une cuve en fibre de verre et résine émaillée, blanche, livrée avec son châssis métal autoportant et ses pieds réglables. Ajouter une boucle de réchauffage relève donc d'une étude de plomberie, à mener avant l'achat.
Le poids en charge
Un litre d'eau pèse un kilogramme, et tout part de là. La fiche donne, pour la version 915 mm, une contenance de 190 litres et un poids à vide de 18 kg : cuve remplie à ras bord, l'ensemble approche 208 kg, avant même que l'occupant n'entre. Le chiffre majore la réalité, puisque le trop-plein arrête le remplissage plus bas.
Rapportés à l'emprise de 0,63 m², ces 208 kg donnent un ordre de grandeur de 330 kg par mètre carré. Ce nombre est une moyenne sur la surface occupée, et non la pression réellement appliquée : le châssis métal autoportant livré avec la baignoire reporte la charge sur ses pieds réglables, donc en quelques points d'appui. Ces chiffres ne disent pas qu'un plancher va céder, ils disent où la question se pose. Sur un plancher bois, notamment ancien, elle mérite l'avis d'un professionnel, et la position des pieds par rapport aux solives se regarde avant de fixer quoi que ce soit.
Ce qui est livré, ce qui reste à prévoir
La baignoire arrive avec son châssis métal autoportant et ses pieds réglables. Le vidage et l'habillage ne sont pas inclus : ce sont deux postes à chiffrer à part.
Pour la version 915 mm, la fiche ajoute que la cuve est livrée trop-plein non percé, et que le niveau d'eau s'établit entre 65 et 72 cm selon l'endroit où ce trop-plein est percé. Elle ne publie pas ces deux informations pour la version 1150 mm. Là où elle s'applique, la conséquence est directe : le perçage se décide avec le plombier au moment de la pose, pas après coup.
La fiche rattache sa hauteur installée indicative de 840 mm à un siphon de vidage de 100 mm logé sous la cuve. L'évacuation chemine donc au-dessus de la dalle, et le réglage des pieds vient caler la cote au montage.
Un dernier point se vérifie avant de commander, et il ne se rattrape pas : la fiche demande de contrôler les accès au chantier, les ouvertures de portes devant dépasser 69 cm pour laisser passer une cuve de 690 mm de large.
L'entretien
Le rituel japonais joue en faveur de la cuve : on entre lavé et rincé, l'eau du bain sert à la détente et non au lavage. Restent la ligne d'eau, où le calcaire se dépose, et un fond qu'il faut atteindre à 725 mm sous le bord, bras tendu.
Trois habitudes simples y aident : rincer et essuyer après usage, le voile de calcaire se formant au séchage ; écarter par précaution poudres abrasives, grattoirs et solvants, un produit doux faisant le travail ; vider la cuve après le bain plutôt que d'y garder une eau tiède plusieurs heures, sauf à reprendre un bain partagé, couvercle en place. La fiche ne publie aucune consigne d'entretien pour cette finition en fibre de verre et résine émaillée : le fabricant reste la référence sur ce point.
Où regarder ensuite
Le rayon bain japonais rassemble ce qui s'y rattache, et la baignoire compacte existe dans les deux longueurs décrites ici. La salle de bains japonaise en donne la logique d'ensemble et le guide du washlet traite l'autre versant, celui du WC lavant ; si des travaux sont prévus, rénover sa salle de bains en reprend l'ordre des opérations.
La boutique, 85 rue d'Assas dans le 6e arrondissement de Paris, expose les WC japonais et permet de les essayer sur place aux heures d'ouverture, sans rendez-vous. Un projet de bain s'y prépare avec l'expert présent, cotes du plan en main, ou par téléphone au +33 1 42 45 01 73.